Hausse des prix : les actionnaires boivent du petit lait
Les actionnaires boivent du petit lait
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Lactalis, le numéro un du fromage en Europe avec les marques Président, Lactel, Société, Bridel, etc., va augmenter de 15 à 17 % les prix auxquels il vend ses produits à la grande distribution. Danone a également programmé une augmentation, qui, pour les deux groupes, vient après celle de 2,5 % cet été. Il est évident que les trusts de la distribution n'oublieront pas, à leur tour, de faire valser les étiquettes.
Le patron de Lactalis affirme que cette hausse est vitale et ne fait que répercuter la flambée des matières premières, due à une offre insuffisante par rapport à la demande. Mais la baisse constante du prix du lait à la production a entraîné la disparition de nombreux élevages de vaches laitières ou leur reconversion vers d'autres productions ; la Confédération paysanne estime que 30 000 producteurs ont cessé l'activité laitière depuis 2001, le prix auquel on leur achetait le lait étant descendu de 31 centimes d'euros le litre à 27,7 centimes. Pour autant, les prix n'avaient pas baissé à la consommation. Maintenant, les trusts de l'agro-alimentaire s'estiment pris à la gorge parce qu'ils vont devoir payer 58 centimes le litre aux éleveurs, pour qui c'est loin de représenter un pactole !
Mais dans la même interview au journal Les Échos, le président de Lactalis annonce également que le chiffre d'affaires de son groupe est passé en trois ans de cinq à neuf milliards d'euros, qu'il a fermé une usine d'une trentaine de salariés près de Rouen et une autre de cent trente salariés en Grande-Bretagne et qu'il lui faudra « encore deux ou trois ans pour développer et mieux rentabiliser cet ensemble ». Un vrai condensé des nuisances que représente le système capitaliste pour les producteurs - agriculteurs ou ouvriers - et pour les consommateurs.
Sylvie MARÉCHAL
