CICE

CICE : des milliards qui ne servent pas l'emploi


Des milliards qui ne servent pas l'emploi
Quand, fin 2012, le gouvernement avait lancé le Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), il s'était engagé à ce qu'il permette la création « d'au moins 300 000 emplois » sur trois ans.
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Cette réduction d'impôt des sociétés sur leur masse salariale brute située en dessous de 2,5 smic était de 4 % pour l'année 2013, sur les impôts payés en 2014, et de 6 % par la suite.

Avec le CICE, le gouvernement a déjà versé cette année près de 8 milliards d'euros au patronat, somme évaluée à 20 milliards pour l'an prochain, sans aucune contrepartie puisque les entreprises ne sont pas contraintes d'embaucher, même si le mot « emploi » figure dans l'appellation. Les patrons ont pris l'argent, mais où sont les emplois ? Il y a eu 175 000 chômeurs de plus en 2013, et 181 000 sur les onze premiers mois de cette année. En fait, les milliards qu'ils ont empochés ont surtout servi à financer des projets programmés, ou à augmenter leurs marges bénéficiaires.

Si, au lieu de verser huit milliards à fonds perdus au patronat, l'État avait lui-même embauché directement, 200 000 emplois auraient pu être créés dans l'année, à raison de 40 000 euros par emploi, cotisations sociales comprises. Déjà, le nombre de chômeurs n'aurait pas augmenté. En outre, ces travailleurs auraient pu être affectés sur des emplois utiles à la collectivité, comme la construction de logements sociaux qui font défaut, ou dans les services publics qui manquent de personnel, tels que les hôpitaux, les transports, ou l'éducation.


Marianne LAMIRAL