Réforme de l’Assurance chômage : attaque en règle contre les chômeurs
attaque en règle contre les chômeurs
Selon un document de l’Unedic, destiné aux représentants du patronat et des syndicats qui devaient se réunir mardi 24 septembre, 40 % des chômeurs subiront une baisse de leur indemnisation du fait de la réforme de l’Assurance chômage, qui doit entrer en vigueur à partir de novembre 2019.
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Les conditions pour avoir droit à une indemnité seront durcies, puisqu’il faudra avoir travaillé six mois sur vingt-quatre, au lieu de quatre mois sur vingt-huit. Pour voir ses droits prolongés, il faudra avoir travaillé six mois pendant sa période d’indemnisation, au lieu d’un mois actuellement. Les chômeurs qui percevaient des salaires supérieurs à 4 500 euros brut verront leur indemnisation baisser de 30 % au bout de six mois. Enfin, la formule de calcul de l’indemnité journalière a été modifiée.
L’ensemble de ces mesures n’a qu’un seul but : diminuer les dépenses liées à l’indemnisation du chômage, des économies qui devraient se monter à 3,4 milliards pour la période 2020-2021, au détriment des chômeurs, en particulier ceux qui enchaînent les contrats précaires. L’étude de l’Unedic mentionne que l’allocation journalière diminuerait de 19 % en moyenne, mais de beaucoup plus pour certains, jusqu’à plus de 50 %.
Pour justifier ces mesures, la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, affirme : « 20 % des chômeurs bénéficient d’une allocation supérieure au salaire mensuel moyen qu’ils percevaient quand ils étaient en activité. » Cela s’inscrit dans la campagne du gouvernement qui vise à faire croire que les responsables du chômage seraient les chômeurs eux-mêmes, et non les patrons licencieurs !
Alors que les annonces de fermetures d’entreprise et de plans de suppression d’emplois se multiplient, en remettant en cause les droits des chômeurs, c’est à l’ensemble du monde du travail que le gouvernement s’attaque.
Hélène COMTE
